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Philippe DELERM
Philippe Delerm est né en 1950 à Auvers-sur-Oise. Quoi de plus symbolique, pour un écrivain, que de naître dans une ville qui a abrité tant d’artistes depuis Vincent Van Gogh !
Ses parents sont instituteurs et il passe donc son enfance dans des « maisons d’école » qui, peut-être, lui donnent cette attirance particulière pour l’odeur de l’encre fraîche. Il consacre alors la majorité de son temps à rêver et à lire. Ce sont – il le précise lui-même – les deux activités qui lui semblent nécessaires pour pouvoir écrire des livres. S’il décide de vivre, plus tard, en région parisienne, il passe toutes ses vacances dans le Sud-Ouest, dans ce Tarn-et-Garonne d’où ses parents sont originaires. On retrouve d’ailleurs l’atmosphère méridionale, la lumière et la chaleur dans la majorité de ses œuvres.
Après des études de lettres à la faculté de Nanterre, il est nommé professeur dans un petit collège de Normandie : depuis 1975, il vit à Beaumont-le-Roger où, à l’entendre, il goûte à ces « petits plaisirs » qu’il juge essentiels. Pour sa femme, Martine, auteur et illustratrice d’albums pour enfants, c’est, entre autres, le jardinage. Pour lui, ce sont les balades en forêt, le temps de lire, d’écrire. Ce sont ces moments si simples, mais si bons, qu’il décrit dans La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules (1997), œuvre qui l’a fait mieux connaître du grand public, véritable best-seller traduit en vingt-six langues.
Au premier rang de ses plaisirs se trouve donc l’écriture de romans, comme La Cinquième Saison (publié pour la première fois en 1983, réédité en 2000) ou Le Portique (1999), dans lequel il se plaît à parler, avec une pointe d’humour, du métier d’enseignant. Dans chacune de ses œuvres, il sait trouver les mots, les images qui nous montrent l’invisible, qui nous font comprendre l’incompréhensible ; ses histoires parlent de choses simples et quotidiennes, de personnages banals qui, sous sa plume, deviennent uniques, exceptionnels.
Il aime aussi consacrer une partie de son temps aux enfants : il anime le club-théâtre et le club de football de son collège. Il écrit également pour eux. La Malédiction des ruines (1997), par exemple, où un jeune bachelier devient guide dans une abbaye mystérieuse que l’on dit maudite.
Dans L’Envol (1996), M. Delmas découvre sous nos yeux, grâce à un cerf-volant et à une exposition de peinture, une certaine forme de bonheur. Aux plaisirs de la vie, Philippe Delerm ajoute donc ici, avec une écriture toujours aussi épurée et limpide, les plaisirs que peut procurer le contact avec la peinture, celle de Jean-Michel Folon en l’occurrence. Folon, peintre, dessinateur, sculpteur belge contemporain, notamment connu pour ses affiches (celle pour l’Unicef, pour Amnesty International), peint aussi beaucoup d’aquarelles, des ciels qui ont le pouvoir de transporter le lecteur dans un espace imaginaire, dans un ailleurs où l’on peut voler, s’évader, où l’on peut trouver, là encore, le fragile bonheur…
Dans ce joli texte, Philippe Delerm donne au lecteur l’occasion de prendre, à son tour, son « envol » vers le monde imaginaire et féérique de l’art.