Classiques & Contemporains - Biographies de BERBEROVA Nina

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Portrait de BERBEROVA Nina© Droits réservés

Nina BERBEROVA

Nina Berberova est née à Saint-Pétersbourg, en 1901, dans le milieu de la bourgeoisie libérale russe. Son adolescence a été marquée par les bouleversements révolutionnaires de l’époque : « Entre 1912 et 1916, tout croulait, s’effilochait sous nos yeux comme un vieil habit usé. La contestation était l’air que nous respirions, elle a nourri mes premières vraies émotions. » (in C’est moi qui souligne). En 1917, le gouvernement démet son père de ses fonctions de conseiller d’État et, jugé comme contre-révolutionnaire, il doit quitter la ville. Sa femme et lui meurent la même année à quelques mois d’intervalle.

Nina Berberova reste en Russie jusqu’en 1923 mais, en raison des répressions systématiques contre l’intelligentsia russe, elle rejoint son compagnon, le poète Khodassevitch, à Berlin, puis à Prague. En 1924, tous deux retrouvent Gorki à Sorrente, en Italie, puis ils s’installent à Paris en 1925. Ils connaissent alors la vie difficile des exilés, car, avec leurs passeports d’apatrides, il leur est difficile de travailler. À Billancourt, dans la banlieue parisienne, Nina Berberova rencontre les émigrés russes qui se sont installés autour des usines Renault et rédige en 1932 des chroniques sur leurs difficiles conditions de vie.
En 1939, elle s’installe avec Makeiev dans un hameau, à Longchêne, près de Versailles, où elle passe les années de l’Occupation, marquées par les répressions et la pénurie.

Après la guerre, en 1946, une amie, Greta Guerell, arrivée de Suède, lui apprend que son ouvrage, Tchaïkovski, rédigé en 1937, avait été réédité et elle se rend à plusieurs reprises à Stockholm ainsi que dans des îles suédoises où elle séjourne plusieurs mois.

En 1947, elle reprend ses activités de journaliste pour un hebdomadaire, La Pensée russe, et elle y rédige la page littéraire.
En raison de ses conditions de vie précaires, elle émigre en 1950 pour les États-Unis. Elle explique les motivations de son dernier exil ainsi : « Trois raisons m’avaient donc poussée à quitter la France […]. J’étais bien sûr habituée à tirer “le diable par la queue”, mais à présent, la situation était devenue vraiment inquiétante. Ensuite, je me retrouvais seule ou presque, dans cette ville où, durant un quart de siècle, j’avais vécu au milieu d’une vingtaine de personnes liées par leur attachement à la poésie russe, à ses mots, à sa musique, à ses idées, à ses rythmes, que nous cultivions de façon plus ou moins heureuse. […] Mais, avec le recul du temps, c’est la dernière raison qui m’apparaît aujourd’hui comme la plus déterminante. Dès 45, tout avait changé. L’absence de “nourriture intellectuelle” me conduisait tout droit au dénuement et à la stagnation spirituelle. »


Aux États-Unis, durant sept ans, elle occupe sept professions, puis elle devient professeur de russe dans les universités de Yale et de Princetown. Elle prend sa retraite en 1971 dans le New Jersey, mais continue de voyager. Ses passages à Paris et son premier retour dans l’ex-URSS depuis 1922, à Moscou et à Saint-Pétersbourg, ne l’incitent pourtant pas a quitter sa dernière demeure américaine ou elle s’éteint en 1993.


En 1985, les éditions Actes-Sud font traduire son oeuvre et publient son roman L’Accompagnatrice, bientôt suivi d’autres ouvrages comme : Le Laquais et la Putain (1986), Le Roseau révolté (rédigé en 1958 mais publié en 1988), Alexandre Blok et son temps (1991), Récits de l’exil (1991), Chroniques de Billancourt (1992) et Où il n’est pas question d’amour (1993).

Les livres de Nina BERBEROVA

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