Jean Anouilh est né à Bordeaux, le 23 juin 1910. Sa mère étant pianiste, il a pu assister enfant à des spectacles d’opérettes. Il a commencé très jeune à éprouver une forte attirance pour le théâtre. Jeune homme, il allait souvent assister à des représentations, et lisait beaucoup : Molière, Marivaux, Musset, Rostand, Claudel, Pirandello, Shaw…. À 18 ans, il assiste émerveillé à Siegfried, de Jean Giraudoux (1882-1944). Cette pièce lui révèle sa vocation, comme il l’indique dans son Hommage à Giraudoux en 1944 : « C’est le soir de Siegfried que j’ai compris. Je devais par la suite entrer dans une longue nuit […], mais c’est à cause de ces soirs de printemps 1928 où je pleurais, seul spectateur, même aux mots drôles, que j’ai pu m’évader un peu. » Il commence ensuite des études de droit qu’il n’achève pas, travaille dans une agence de publicité puis devient le secrétaire de l’acteur et directeur de théâtre Louis Jouvet (1887-1951). Leurs rapports sont assez tendus, et rapidement, Anouilh se lance seul dans l’aventure du théâtre. L’Hermine (1932) est sa première pièce jouée, et son premier succès. En 1937, il rencontre les metteurs en scène Georges Pitoëff et André Barsacq. Il comprend alors combien la mise en scène est importante, et comment elle permet à ses pièces de « se prolonger ». En 1938, il obtient un nouveau succès critique et public avec la création du Bal des voleurs et inaugure sa collaboration avec André Barsacq, qui sera son principal interlocuteur et metteur en scène, pendant plus de quinze ans ! À partir de 1942, Anouilh commence à classer ses pièces selon une « thématique » : Pièces roses, noires, baroques… Extrêmement prolifique, Anouilh connaît de nombreux succès. Il décède le 3 octobre 1987.
Le genre épistolaire : de la communication à la fiction
« Comment a pu naître l’idée que des lettres donneraient aux hommes le moyen de communiquer ?
On peut penser à un être lointain, on peut saisir un être proche : le reste passe la force humaine.
Écrire,
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