Louis-Charles Barbara naît à Orléans le 5 mars 1817. Il poursuit ses études au lycée Louis-le-Grand de Paris, préparant l’École polytechnique et sa rupture avec un père tyrannique. Il entre ensuite comme répétiteur au service de la famille du ministre Drouyn de Lhuys. En 1841, il se lie avec les Buveurs d’eau, groupe d’artistes plus ou moins maudits, mis en scène par Murger dans Scènes de la vie de bohème. On retrouve, au coeur du roman, une soirée imprégnée du climat de ce feuilleton réaliste qui le représente sous les traits de Carolus Barbemuche et dont Puccini tire La Bohème en 1896. La bohème désigne le mode de vie anticonformiste de certains écrivains, artistes et étudiants parisiens qui contestent les normes bourgeoises et prônent une vie libre, dédiée à l’art. Barbara se lie avec le photographe Nadar, le peintre Tabar et plusieurs écrivains dont Champfleury et Baudelaire, qui lui offre le sonnet « Que diras-tu ce soir ? », publié pour la première fois dans L’Assassinat du Pont-Rouge. Il commence alors une carrière de journaliste et d’écrivain, tout en cultivant l’héritage musical familial : il joue du violon dans de petits théâtres pour gagner chichement sa vie. Les créanciers le harcèlent ; Baudelaire l’aide financièrement et le recommande aux éditeurs. Sa misère aggrave sa mélancolie, mais il collabore à plusieurs revues avant de devenir, à Orléans, rédacteur en chef du quotidien La Constitution, où il publie, parmi ses chroniques de théâtre et de musique, des nouvelles d’Eugène Sue et une traduction du Double Assassinat dans la rue Morgue de Poe dont il a découvert l’oeuvre en 1847. Ses recueils de nouvelles (Histoires émouvantes, Mes Petites-Maisons, Les Orages de la vie, Esquisses de la vie d’un virtuose) et ses romans (le second s’intitule Ary Zang) témoignent d’une proximité de l’imagination et de l’écriture chez ces deux écrivains qui combinent habilement les genres fantastique, réaliste et policier. De retour à Paris en 1850, il fréquente le groupe des Réalistes, avec les peintres Courbet et Daumier, et place des nouvelles dans L’Illustration, Le Journal pour tous et La Revue de Paris, où son premier roman, L’Assassinat du Pont-Rouge, paraît en feuilleton avant sa publication remaniée en 1855. En 1861, il épouse Marie-Émilie Scherry, dont il aura deux enfants. Mais, en 1866, sa femme et sa fille succombent à la typhoïde. Cette tragédie finit d’emporter sa raison ; il est interné à la maison de santé Dubois. Il s’y défenestre le 19 septembre 1866. Sa vie tragique inspire le conte « La Légende de l’homme à la cervelle d’or » d’Alphonse Daudet.
Le genre épistolaire : de la communication à la fiction
« Comment a pu naître l’idée que des lettres donneraient aux hommes le moyen de communiquer ?
On peut penser à un être lointain, on peut saisir un être proche : le reste passe la force humaine.
Écrire,
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